Margaret Drabble, née en 1939 en Angleterre, est
considérée comme l’une des romancières britanniques
les plus douées de sa génération. Elle écrit des romans (La Voie radieuse, la Phalène, le Milieu de la vie…) où elle dépeint
le destin de personnages aux prises avec le conformisme de la société
britannique.
La Sorcière d’Exmoor met en scène une vieille dame originale, femme de lettres, qui décide de quitter la ville pour s’installer dans un manoir perdu accroché au bord d’une falaise. Le récit alterne avec virtuosité le temps présent, les plongées dans le passé parfois lointain de la mère et les ramifications secondaires, histoires de ses enfants, de leurs conjoints et de ses petits-enfants. Avec l’histoire de cette « sorcière comme les autres », on plonge au cœur même de ce qui tisse les histoires familiales. Et ce n’est pas un hasard si tout se joue autour de la question de l’héritage : héritage matériel – avec ce legs que la grand-mère fait à son petit-fils préféré et qui le fera basculer – et héritage immatériel – ce que l’on reçoit de ses aînés, de ses parents en particulier, de sa culture et avec quoi, il faut, tant bien que mal, se composer une vie. Les histoires et les portraits de Margaret Drabble sont d’une grande finesse et justesse psychologiques. Elle n’a pas son pareil pour évoquer avec humour les travers de nos sociétés contemporaines.
Dominique Lafontaine
Juin 2012

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