Venez voir le transit de Vénus le 6 juin !

venusVénus est une planète de taille similaire à la terre. Mais la comparaison s’arrête là : il y fait 460° en permanence, on y subit une pression 100 fois plus forte que sur la terre et l’atmosphère y est saturée d’acide sulfurique ! Aucun espoir d’y trouver une quelconque forme de vie !

Il est relativement rare de voir Vénus passer devant le soleil, car Vénus parcourt son orbite en 224,7 jours (alors que la terre le fait en 365,3 jours). De plus, les orbites ne sont pas dans le même plan. En conséquence, le Soleil, Vénus et la Terre ne se retrouvent dans le même alignement que rarement. Les transits (= passages entre le Soleil et la Terre) de Vénus ont lieu par paires, séparées de plus d'un siècle. Ils se produisent  en juin ou en décembre suivant le cycle précis de 8 ans, 105 ans et demi, 8 ans, 121 ans et demi. Le précédent transit date du 8 juin 2004. Le prochain aura lieu en décembre 2117…

Le 6 juin à 5h du matin

Pendant 1h30, après le lever du soleil, on pourra assister à la fin du transit, si le ciel est dégagé. La Société Astronomique de Liège vous donne rendez-vous à 5h00 du matin, rue des Homes (ancien terrain de foot, tout près des homes étudiants du Sart Tilman). Vous pourrez bénéficier des instruments d’observation qui y seront installés.

Attention aux yeux : Si vous observez de chez vous, munissez-vous de lunettes d’éclipse de bonne qualité et lisez attentivement les conseils des astronomes !

Un peu d’histoire

Ptolémée en avait parlé déjà, mais c’est Kepler, au 17e siècle, qui, le premier, calcule exactement les dates de transits, pour Mercure et Vénus. Le français Pierre Grassendi et l’anglais Jeremiah Horrocks seront les premiers à les observer. Au 18e siècle, Edmund Halley reprend les calculs de Kepler et propose d'utiliser le transit de Vénus pour mesurer la distance Terre-Soleil.

En France, les travaux de Joseph Nicholas Delisle permettent de déterminer les endroits du globe qui permettront la meilleure observation du transit de 1761. L’abbé Alexandre-Gui Pingré se rendit sur l’île Rodrigue dans l’océan Indien, où il put observer quelque peu, malgré une météo difficile. L’abbé Jean-Baptiste Chappe d’Auteroche est envoyé, lui, en Sibérie, où il observe plusieurs éclipses, analyse le transit et étudie la géologie. Un troisième astronome, Guillaume Joseph Le Gentil de la Galaisière part, lui, pour Pondichéry en Inde, mais ses observations, effectuées en pleine mer, à son grand désespoir, seront sans aucune valeur scientifique. L’Angleterre envoie, de son côté, Charles Mason et Jeremiah Dixon au Cap et Maskelyne à Ste Hélène. Le colon américain John Winthrop s’installe lui à Terre Neuve. Allemagne, Danemark, Portugal, Pays-Bas, Suède, Italie, Russie ne sont pas en reste. Mais les résultats scientifiques seront assez décevants. On découvre toutefois que Vénus possède une atmosphère !

Lors de l’observation du transit de 1769, Chappe récolte de précieuses données scientifiques, mais chèrement acquises – il décède peu après. William Wales et Joseph Dymond font les observations depuis un comptoir canadien. Le capitaine James Cook est chargé de l’observation à Tahiti, en compagnie de Charles Green et Joseph Banks. Le Hongrois Maximilien Hell fournira des résultats des plus précis. Le Gentil est cette fois victime d'un nuage. En tout, on compte plus de 150 observateurs sur 77 sites, ce qui affine encore les résultats de 1761, mais la précision n'est toujours pas au rendez-vous, notamment à cause de la mauvaise connaissance des longitudes.

Au 19e siècle, la détermination des longitudes s’améliore et de nouvelles techniques apparaissent. Cependant, lors du transit de 1874, l'amélioration des résultats est presque négligeable malgré une débauche d’argent et d’énergie de par le monde. On commence à se demander si l’observation du transit de Vénus est bien nécessaire... Les retombées des grandes expéditions de 1882 ne furent pas extraordinaires non plus. Néanmoins, William Harkness calcula une paralaxe de 8,842 ± 0,012 secondes d’arc, ce qui correspond à une distance Terre-Soleil de 148 788 000 ± 199 600 kilomètres. Ce n’était pas si mal, finalement !


Aujourd’hui, l’observation du transit semble dénuée de tout enjeu. Pourtant, les astronomes utiliseront quand même cet événement pour faire des mesures, notamment pour sonder l’atmosphère de Vénus. Les amateurs de spectacle céleste les rejoindront, si la météo est clémente et le réveil bien à l'heure.  Le passage de Vénus sera aussi l'occasion de rêver de tous ces transits observés quotidiennement... pour les exoplanètes !


Plus d’infos

Voyez l'article Rendez-vous avec Vénus, par l'astrophysicienne Yaël Nazé, qui reprend les aventures et mésaventures des premières observations.

Le transit de 2004 à Liège

Voir aussi le document (en français)  Transit de Vénus, du National Centre for Radio Astrophysics, India (PDF)