L'Université de Liège est partenaire de l'exposition proposée actuellement et jusqu'au 19 août au Musée de la Vie Wallonne, consacrée à la folie. Autour de l'exposition, sont organisées des activités comme des conférences, projection de films, concours de camisoles de force, etc.
Cette exposition initiée par la Province de Liège Culture, sous la houlette de l’historienne Carine Filiber, associe l’Université de Liège à plusieurs titres. La bibliothèque et le service des « Collections artistiques » ont été sollicités pour le prêt d’œuvres majeures.
Ainsi les « Collections artistiques » sont représentées dans l’exposition par « La Mélancolie » d’Albrecht Dürer (un des fleurons de son fonds d’estampes), le carnet de croquis de Jacques Ochs (qui illustre les moments forts « saisis » par l’artiste lors du procès de Landru), le « Fou couvant un grand œuf vide », peint à l’huile par Wierix, d’après Bruegel, ou l’affolante « Tête de fou » de Philippe Galle, notamment.
Ci-contre : Albrecht Dürer,L’association Art&fact collabore également à l’événement, ses historiens de l’art assurant les visites guidée-conférences et l’organisation de celles-ci.
La folie intrigue, inquiète, questionne, passionne ou fascine, jamais elle n’indiffère… Le débat qu’elle suscite, depuis l’origine de l’homme, est à la mesure de la curiosité qu’elle attise ou de la crainte qu’elle inspire ! Si pour George Herbert « La folie est la pire maladie qui court.», elle est en revanche, pour nombre de philosophes, indissociable du génie ou s’impose comme remède à l’insensibilité. Selon Aristote, « Il n’y a point de génie sans un grain de folie », Érasme écrit « L’éloge de la folie », Anatole France a « (…) toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence » et Marguerite Yourcenar soutient qu’ « Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin. ». Et, si l’on en croit le célèbre psychiatre Jacques Lacan : « Le phénomène de la folie n'est pas séparable du langage pour l'homme. »

La folie envahit l’actualité. Les médias la déclinent sous toutes ses formes, dès qu’il s’agit de qualifier l’incompréhensible : accès de folie, folie criminelle, tueur fou, coup de folie, folie furieuse … Mais il y aussi il y a la douce folie, le brin de folie, propres aux créateurs et aux artistes.
L’exposition présentée à l’Espace
Saint-Antoine décline le monde de la folie avec brio à travers différents
thèmes intelligemment conçus, bien documentés et servis par une mise en scène
attractive. « Vertiges de la folie »
révèle aussi combien cet « état » a, de tout temps, suscité
débats et questionnements scientifiques, moraux et politiques. En levant le
voile sur les nombreuses facettes de ce que l'on nomme communément
« Folie », à travers près de deux cents objets, œuvres d'art et
témoignages, elle éclaire le sujet grâce à d’étonnantes associations entre les
documents issus du Museum Dr Guislain de Gand des Musées royaux des Beaux-arts,
de l’ULg, d'hôpitaux psychiatriques ou de collections privées. Certains écrits
essentiels sont en outre magistralement servis par des comédiens.

Masque royal, Bwoom, Afrique, République démocratique du Congo, Kuba, Musée international du Carnaval et du Masque, Binche

Parmi les quatorze thématiques développées,
« Hystérie et féminité », par exemple, invite le visiteur à plonger dans
l'atmosphère particulière du cabinet de Sigmund Freud. Dans l'espace
« Folie : miroir social », le fou est pris comme témoin de la folie
du monde lorsqu’on l’affuble d’un masque de bouffon ou quand il apparaît sous
le pinceau d'un peintre hollandais du 16e siècle. L’exposition est servie par
une scénographie impressionnante, confortée opportunément par l’audio-visuel.
Son parcours évoque la forme du cerveau, siège de la pensée. Un patchwork
étonnant et révélateur de toute la complexité de cette problématique
passionnante.
Ne faut-il pas être fou pour manquer cela ?
Isabelle Graulich
Avril 2012
Isabelle Graulich est historienne d'art et directrice de l'asbl Art&fact, des historiens, historiens de l'art et musicologues de l'Université de Liège

Du 30 mars au 19 août
Musée de la Vie wallonne
Espace Saint-Antoine
à Liège
Exposition accessible du mardi au dimanche, de
9h30 à 18h
Plus d'infos : www.viewallonne.be
C. C. van Haerlem, Portret van een nar met gele zotskap