
L'Opéra Royal de Wallonie présente une œuvre de jeunesse de Rossini, L'équivoco stravagante
Du mercredi 22/02/2012 au dimanche 04/03/2012
Ernestina, fille d'un riche commerçant, n'est pas à sa première malice pour éviter les mariages forcés que voudrait lui imposer son père. D'autant qu'elle tombe amoureuse d'Ermanno dont le principal défaut est soit d'être pauvre, soit d'être timide. Assez séduisant, en tout cas, pour que sa belle se fasse passer pour un castrat.
Ce premier grand opéra de Rossini contient déjà en germe tout ce qui fera le talent comique de ce compositeur : mélodies charmeuses et immédiatement retenues, jeux de mots et de rythme, vivacité et élégance de l'orchestre : tous les ingrédients y sont ! Rossini a à peine 19 ans lorsqu'il compose cet opéra à la musique vive, brillante et gaie qui sera pourtant interdit après trois représentations et plus jamais joué au 19e siècle à cause du sujet alors que l'ouvrage avait connu à la première un grand succès.
Plus d'informations : site de l'Opéra Royal de Liège Wallonie
À propos de la mise en scène
«(...) Le livret, au-delà des doubles sens qu'il comporte partout, est cultivé et plein de citations connues. Les personnages, malgré les bêtises qu'ils chantent, sont bien dessinés et leur critique est féroce. Cette fois-ci on ne touche pas à la noblesse mais on se moque des nouveaux riches et de leur manie de toujours vouloir se montrer. Le personnage de Gamberotto (le nouveau riche) veut montrer la puissance de son argent à ses invités, à ses domestiques et serviteurs, au fiancé (Buralicchio) de sa fille Ernestina et au précepteur (Ermanno) de cette dernière chargé de lui enseigner la philosophie. La piscine, autour de laquelle se déroule une partie de l'action, ainsi que l'intérieur d'une villa de style hollywoodien décorée de tableaux célèbres en sont les symboles. Le livret est chargé de citations et d'inspirations, ainsi, Gamberotto fait immanquablement penser au «Bourgeois gentilhomme» alors qu'Ernestina serait une parfaite illustration des «Précieuses ridicules». L'idée d'un transsexuel était très osée pour l'époque de Rossini et même encore dans les années 20-30 dans lesquelles j'ai décidé de situer l'action. Dans cette production, j'ai voulu respecter l'esprit de la musique et l'esprit de la bouffonnerie. Le jeune Rossini s'est beaucoup amusé à construire les caractères de ses personnages d'une façon innovante et audacieuse. Ce n'est pas une farce mais plutôt une fresque, à la fois gentille et humaine, d'une bourgeoisie grimpante et superficielle. (...)»
Stefano Mazzonis di Pralafera,
metteur en scène



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